Ils partagent leur expérience
et leurs meilleurs conseils

Céder tout en accompagnant l'entreprise

Vincent Ricordeau, cofondateur de KissKissBankBank


Ombeline le Lasseur, Vincent Ricordeau et Adrien Aumont fondent en 2009 KissKissBankBank, une plateforme de financement participatif devenue leader de son marché. Après avoir développé l’entreprise dans l’hexagone et amorcé une expansion à l’internationale, ils décident en 2017 de céder KissKissBankBank à la Banque Postale.

Quels furent les éléments déclencheurs de votre transmission ?

Dès le début de l’aventure, nous avions en tête de sortir à un horizon de six à huit ans. C’est également le cycle d’investissement des fonds qui nous ont accompagné, de sorte que nous avions pour projet de sortir ensemble.

Du point de vue de l’entreprise, KissKissBankBank est un pionnier du financement participatif, le leader en France, mais la maturité du marché national, sa petitesse ainsi que les difficultés d’atteindre l’international nous on fait ressentir le besoin de nous adosser à un partenaire corporate capable d’offrir à l’entreprise les moyens de ses ambitions.

Nous avons ressenti le besoin de nous adosser à un partenaire corporate capable d'offrir à l'entreprise les moyens de ses ambitions.

Comment s’est effectué le choix de collaborer avec la Banque Postale ?

Nous avions une relation déjà bien établie avec le groupe qui nous suivait depuis la création par l’intermédiaire de son fonds d’investissement. Ils ont émis l’idée de nous intégrer et, à partir de ce moment-là, nous avons accepté de signer une clause d’exclusivité.

Il était évident pour nous que nous serions un jour rachetés par un établissement bancaire. Mais le seul acteur qui avait pour nous une identité « banque citoyenne » avec un rôle réel dans la société civile était la Banque Postale. C’était un choix naturel.

Quel a été votre démarche pour vous entourer de conseils ?

Nous étions accompagnés depuis le début par le cabinet d’avocat de notre fonds d’investissement historique, et l’avons conservé par la suite. C’est ce cabinet qui nous a accompagné pour les aspects juridiques.

En matière de banque d’affaires, nous avions besoin d’un acteur expérimenté dans notre domaine .

C’est l’historique des transactions du cabinet retenu qui a guidé notre choix, sans qu’il n’y ait eu besoin de mise en concurrence. Le coût peut paraître important mais un bon conseil est indispensable pour vendre aux meilleures conditions. Ils tiennent un rôle crucial dans l’identification, la mise en concurrence et la négociation des repreneurs potentiels.

Dans l’ensemble mes conseils ont été à la hauteur de leur réputation. Il est cependant possible que du fait de notre relation préexistante avec l’acquéreur, ils aient été un peu moins rigoureux tout au long du process.

Comment a été déterminé la période de transition ?

Nous avons négocié une période de transition de trois ans plus deux autres années supplémentaires en fonction d’un arrangement futur.

Nous voulions rester assez longtemps pour mettre en place les synergies adéquates

Nous voulions rester assez longtemps pour mettre en place les synergies adéquates et nous assurer que l’entreprise conserve une certaine agilité en dépit de l’appartenance à un grand groupe. L’acquéreur souhaitait de son côté conserver les talents et cette culture d’entreprise propre à KissKiss.

Un an après l’opération, nous nous entendons toujours aussi bien et n’avons pas connu de mauvaise surprise.

Quel conseil donneriez-vous à un cédant ?

Pour les entreprises en forte croissance, je pense que la cession est une question de timing. Si vous l’effectuez trop tôt, vous exposez vos équipes et votre entreprise à un changement structurel profond, déstabilisant si l’ADN de l’entreprise n’est pas encore véritablement marqué. Céder trop tard serait encore plus problématique, exposant la société aux aléas non contrôlables du marché, la perception qu’a ce marché sur l’entreprise. J’ai vu des confrères qui, dans leur quête de valorisations plus élevées, ont attendu trop longtemps et vu le marché se retourner contre eux.


CONSEILS CLÉS
  • Parvenir à déterminer le moment idéal pour transmettre
  • S'entourer de conseils dotés d'une expertise dans votre secteur d'activité
  • Ne pas seulement faire appel à vos conseils historiques afin d'avoir une vision la plus objective possible sur votre projet de cession