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et leurs meilleurs conseils

De la levée de fonds à la cession

Aurélien de Meaux, fondateur de Cheerz


Aurélien de Meaux fonde en 2011, avec son associé Antoine Le Conte, Cheerz (30 M€ de CA en 2018) entreprise d’impression de photos sur internet. Après trois levées de fonds en 2012, 2013 et 2015, ils décident de se rapprocher d’un industriel. 

Quels furent les éléments déclencheurs de cette cession ? 

Nous avons effectué trois levées de fonds dont les dernières qui ont été structurantes. Le marché du e-commerce est un marché où il faut des fonds conséquents pour atteindre une taille critique. Sans cette taille critique, il est difficile d’exister. 

Les leviers de croissance et de développement de Cheerz sont la marque, et un business tourné vers l’usage des smartphones, représentant aujourd’hui 80% des ventes. Ce marché du mobile nous oblige à agir vite.

Il y a environ 450 millions de smartphone en Europe. Pour en toucher un maximum il faut avoir des moyens pour se déployer. 

Nous étions donc dans un processus de levée de fonds avec mon associé Antoine, quand un acteur industriel allemand nous a approché. 

Comment vous êtes-vous entouré pour effectuer cette opération ? 

Nous étions peu sensibilisés à ce type d’opérations. On avait déjà eu une proposition de rachat par le passé, que l’on avait étudiée. 

On s’est fait accompagner par notre fonds d’investissement qui est aguerrit sur ces sujets, ainsi que par notre avocat.

Ce dernier a eu un rôle clé, sans son expertise l’opération aurait été complexe. Nous nous sommes également beaucoup rapprochés de dirigeants qui ont déjà vécu ce type d’opération et nous ont donné de nombreux conseils. 

Au niveau de la gestion quotidienne pendant l’opération, nous avions la chance d’être deux et de pouvoir compter l’un sur l’autre. Nous nous sommes appuyés sur nos équipes, très qualifiées, qui ont pu prendre le relai quand nous devions nous concentrer sur le processus de rapprochement. C’est une période très intense. 

Quelles différences avez-vous pu constater entre collaborer avec un fonds d’investissement et un industriel ? 

Fonds et industriels ont des apports complémentaires. 

Le fonds d’investissement nous a énormément aidé dans la structuration de l’entreprise, pour passer d’une vingtaine à une soixantaine de salariés, du recrutement à la gestion d’équipes dans une organisation qui fonctionne. Le fonds d’investissement nous a également aidé à prendre des risques, aller à l’international, tenter des choses, et nous développer rapidement. 

Avec un industriel, le gros chantier est l’intégration au groupe. Réussir à faire basculer la production, à faire jouer les synergies… ces dernières vont nous permettre d’accomplir de grands projets. 

Quel était le profil de l’acquéreur idéal ? 

Nous n’avions pas vraiment de profil idéal. Nous avons été approchés de manière opportuniste. Après de plus amples discussions, nous avons identifié une complémentarité aussi bien géographique avec leurs 12 laboratoires dans le monde, que stratégique. 

Nous avons rapidement senti que c’était le partenaire idéal. Ils connaissent le métier par cœur, savent négocier pour acheter des machines, démarrer un marché, nouer des relations auprès de fournisseurs.

Ils ont des moyens conséquents pour soutenir notre ambition, et nous permettent de nous concentrer sur la distribution pendant qu’ils s’occupent de la production. 

Comment ce sont déroulées les négociations avec l’acquéreur ?

J’ai vu quelques cas de figure où des gens discutent avec des acheteurs potentiels, ça dure, ça traine, les discutions sont rudes, les égos sont heurtés.

Il était capital pour moi que les discussions soient cordiales. D'autant que nous restions actifs dans l’entreprise après l’opération. Il faut éviter les cicatrices irrémédiables. 

Les acquéreurs Allemands ont été très intelligents pour mettre de la convivialité et de la courtoisie dans les négociations.

Ils ont su préserver la confiance malgré des points d’achoppement inhérents à toute négociation, afin de travailler ensemble dans les meilleures conditions par la suite. 


CONSEILS CLÉS
  • Obtenir des conseils d'anciens cédants
  • S'entourer d'experts en phase avec son projet
  • S'appuyer sur ses équipes durant la cession
  • Se donner les moyens de ses ambitions